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Théorie N°18: Il faut faire des pauses thérapeutiques
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Théorie N°18:
Il faut faire des pauses thérapeutiques
(Flaming June, Frederic Lord Leighton)
J’ai personnellement beaucoup de mal avec les gens qui ne travaillent pas du tout sur eux. Ils disent des trucs du style “je suis comme ça, je vais pas changer maintenant” (ou alors, si?) comme si leur connerie était immuable ou se planquent derrière des blessures d’enfance à 40 ans quand ils se comportent comme des enfants.
Le propre de l’homme, c’est l’évolution je crois donc travailler sur soi pour devenir meilleur pour soi et pour les autres a du sens.
Dans une logique cordonnier bien chaussé, j’ai donc fait mon lot de thérapies diverses et variées et j’y retournerai encore et encore pour me sentir mieux et être toujours plus alignée avec moi-même et les autres.
Malgré tout, j’ai appris que faire des pauses dans ce travail d’une vie a aussi son importance.
A vrai dire, comme souvent, une petite voix géniale me l’a soufflé.
Eté 2022. Ma fille vient d’être diagnostiquée TDAH. Je ne comprends pas trop le sens de cette affaire. Pour moi, le TDAH c’était les gosses hystériques de Lynette dans Desperate Housewives et ce n’est clairement pas l’enfant à qui j’ai affaire.
Je commence à me renseigner et je découvre un compte de mini BD sur Instagram que je compulse avidement avec mon mari. A la vingtième vignette, il se tourne vers moi et me dit “ça ne te fait pas penser à quelqu’un?”.
Ce quelqu’un, c’était moi évidemment.
Moi qui m’ennuie en deux secondes, coupe la parole de peur d’oublier ce que j’ai à dire, bordélique à l’extrême, désorganisée au point d’avoir parfois trois déjeuners programmés le même jour.
Moi, cataloguée paresseuse qui peut mieux faire au collège, qui décroche en classe à la première stimulation extérieure, qui se passionne à fond ou n’en a rien à faire de ce qui se dit. Moi, allergique à la hiérarchie et ultra cash.
Intérieurement, je m’effondre. A postériori, il y a quelque chose de réconfortant à comprendre que, malgré beaucoup d’efforts, mon cerveau est programmé différemment que celui du grand ensemble. Que j’ai été parfois traitée aussi injustement que je le ressentais intérieurement. Que tout n’est (n’était) pas complètement de ma faute.
Mais d’abord, j’accuse le coup. Cette BD m’explique que ce que je pensais être ma personnalité, voire une partie de mon génie est en fait un fucking trouble (de plus). Ou, à minima, un mélange des deux.
J’appelle Maureen, mon amie, et mon experte santé mentale, et lui dresse un portrait vraiment très exhaustif de toutes les couleurs de mes émotions.
Comme d’hab, elle est calme et quand j’annonce vouloir consulter tous les psychiatres, psychologues et coachs de la place de Paris, elle me dit cette phrase inoubliable: “Tu sais, parfois, il faut faire des pauses thérapeutiques et vivre la vie”.
Je ne me souviens pas de ce que j’ai répondu. Je lui ai sans doute gueulé dessus qu’elle ne comprenait pas l’urgence de la situation blabla. Mais l’idée a fait son chemin.
Le mois d’août allait commencer et j’avais peut-être mieux à faire que de chercher à me “régler” un peu plus. Comme trainer à la piscine déjà.
Nager en eau trouble (ou pas)
Si vous avez déjà fait de la thérapie (peu importe la forme) sérieusement, c’est-à-dire en étant honnête et vulnérable dans la démarche, vous savez à quel point, c’est challengeant. Il est question de regarder les choses en face, d’affronter ses ombres, d’investir ses faiblesses, de vaciller, de se mettre en danger.
C’est dur.
Et parler pendant des heures des choses qui vont mal ou pas trop bien, c’est-à-dire analyser de fond en comble ces sujets pour les comprendre et les assimiler peut être salvateur mais a aussi ses limites.
Une de mes profs de yoga, Mathilde, m’avait qu’elle trouvait que la limite du psy c’était qu’on restait encore et toujours dans le mental. So true.
S’il est crucial de pouvoir déposer ce qu’on a sur le coeur et important de comprendre le pourquoi du comment, ressasser et disséquer les sujets ne permet pas toujours d’avancer. Alors que vivre la vie, oui.
Souvent, la thérapie implique de revivre le passé en boucle pour y trouver des réponses. J’aime beaucoup la petite Joy et j’ai souvent parlé avec elle, mais la grande Joy aussi a son importance et son besoin, à elle, c’est d’expérimenter pour avancer.
Je pense que tous ceux qui ont fait des thérapies, plus ou moins longues, le savent, à mesure que l’on explore les dossiers, on déterre de nouveaux cadavres. Et ce processus peut ne jamais avoir de fin. D’où l’importance de choisir quand s’arrêter. Car nager en eaux troubles en continu peut être aussi épuisant que contreproductif.
Au fond, on n’aura jamais fini. On ne sera jamais fini.
Après des mois ou années d’exploration et autant de temps connecté à notre tourmente intérieure, il est parfois salutaire de sonner la fin de la recrée.
Parce que faire un break thérapeutique, c’est s’autoriser à vivre au présent, avec plus de légèreté.
Mais c’est aussi l’occasion d’utiliser la vie qui avance comme terrain de guérison. Certaines théories que je vous partage ont trouvé leur fondement au café, dans des conversations à priori légères et anodines et à posteriori “life changing”. Mes meilleures pistes de guérisons et d’amélioration se sont dessinées lors de voyages, de dej, de balades. Comme le parcours initiatique qu’est la vie avec ses indices à collecter quotidiennement pour avancer.
Quand on fait une pause thérapeutique et que l’on fait taire le mental en partie, il retrouve un peu d’espace. Le fameux vide qui attire la nouveauté dans la matière, le fait aussi dans le cerveau.
Je ne médite pas (plus tard, j’espère y arriver), mais je crois fermement que de laisser son cerveau en paix de temps en temps pour aller aux toilettes, dans un bain ou au bord de la piscine, lui permet de décupler sa magie et autorise les plus grandes révélations.
Faire une pause thérapeutique, ce n’est pas renoncer à soi, ni à sa progression, mais laisser s’écrire la suite de l’histoire, la vivre en conscience et profiter de l’accalmie (ou de l’embellie même) esquissé par le travail précédent à fond.
Jusqu’à la prochaine fois.
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Tellement vrai. On peut même combiner ça avec la chose la plus thérapeutique sur terre: aller nager dans LA mer !
Une fois de plus c’est très juste d’un bout à l’autre. Le bon équilibre pour avancer… mais à son rythme 🫶