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Théorie N°23 : Il faut négocier avec soi-même
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Théorie N°23:
Il faut négocier avec soi-même
(Erwin Blumenfeld)
L’autre soir, je trainais sur mon lit quand mon mari débarque pour me dire que notre fille est chelou.
La raison? Il l’avait surprise entrain de parler toute seule.
Je le regarde sidérée avant de lui répondre que, pour moi, se parler à soi-même, c’est justement l’inverse de chelou.
Parler avec soi-même est une forme de régulation de ses émotions. C’est mettre des mots dessus, les étudier, les analyser, les confronter. Et négocier avec pour avancer.
On valorise beaucoup le fait de parler à quelqu’un, un psy, un thérapeute ou, même, à autrui. Mais se parler à soi-même est tout aussi puissant. Au lieu de chercher des réponses à l’extérieur, on se connecte à son pouvoir de nous comprendre et de nous gérer en toute indépendance.
Une auto-thérapie en somme.
Je suis clairement la personne avec qui je parle le plus. Mon équilibre quotidien s’appuie sur d’intenses négociations. Négociations qui me permettent de prendre des décisions, les bonnes comme les mauvaises, en pleine conscience.
Il y a les basiques avec le bon Milou et le mauvais Milou (cf Tintin, mais ça marche avec le petit ange sur une épaule et le petit diable sur l’autre). Elles portent principalement sur des repas entre équilibre et plaisir ou sur du sport entre manque d’envie de bouger et grande envie d’avoir des abdos. Je peux être assez paresseuse et j’aime beaucoup “indulge” comme disent les américains donc je dois sans cesse négocier pour garder l’équilibre.
Mais les plus grandes négociations, les plus importantes, ont lieu entre les différentes parties de moi.
Celle qui n’a pas envie de faire quelque chose, mais sait que cela peut la faire avancer vers ses objectifs. Genre poster des trucs sur Instagram (la plupart du temps je rechigne, mais je dois quasi toute ma cliente à ce réseau social donc bon).
Celle qui a envie de faire quelque chose, mais sait que ça va d’une manière ou d’une autre la foutre un peu dans la merde. Genre regarder des matchs de la Coupe du Monde à pas d’heure, me coucher trop tard et être fracassée le matin.
Celle qui n’a pas envie de faire quelque chose mais sait qu’in fine ça va être cool. Genre quasi tout ce qui implique de sociabiliser à grande échelle (event, diner, cocktail)
Celle qui a envie d’être quelqu’un, mais pas envie de se donner les moyens de l’être. Genre se faire un look et se maquiller pour se sentir bien et powerful mais flemme extrême de mettre autre chose qu’un jean.
Et surtout, celle qui a envie de faire quelque chose et celle qui a très peur. Et là la négociation se corse!
Toutes les Joy de ta vie
(Erwin Blumenfeld)
Genre quand j’ai lancé ce Substack.
J’avais envie d’écrire (c’était quand même mon métier pendant 20 ans) mais j’avais très peur d’écrire des choses personnelles, de donner mon avis publiquement, de ne pas être lue, d’être lue, d’être jugée.
Alors, j’ai négocié avec moi-même.
Pour pouvoir commencer à écrire, la Joy qui avait super envie a apaisé la Joy terrifiée en lui demandant de faire un seul texte, sans engagement. La Joy terrifiée rassurée par la terre qui ne s’est pas écroulée accepte désormais d’écrire toutes les semaines.
Depuis, la Joy volontaire négocie sur la constance. La Joy paresseuse s’est pointée en expliquant à la Joy volontaire qu’on pourrait faire un break estival vu que les gens allaient être en vacances et n’en avoir rien à foutre de la newsletter. Mais la Joy volontaire n’a rien lâché: oui, on a peu de lecteurs, mais des lecteurs engagés, donc on publiera sans relâche cet été.
Bien sûr, la négociation porte aussi sur la communication. Quand j’ai écrit mon premier post, j’en ai parlé sur Instagram en story pour commencer et puis la Joy qui avait envie d’être lue a poussé plus fort et j’ai fait un post pour enfoncer le clou. C’est cette Joy-là qui me pousse chaque semaine à faire une story ou deux sur Instagram, ou trois quand elle force la Joy qui déteste l’autopromo à faire un effort.
En revanche, la Joy terrifiée ne veut toujours pas découper ses textes en posts pour toucher plus de monde. Même si la Joy stratège sait que ce serait plus malin, la Joy terrifiée n’est pas prête pour ça. On l’aime, on la respecte, et on reviendra négocier quand ce sera possible.
Négocier avec soi-même permet de décaler petit bout par petit bout sa zone de confort. On n’est pas toujours sur des révolutions. On ne se jette pas souvent de notre falaise mentale (parfois si, mais très rarement).
Mais les parties de nous qui ont envie, qui savent ce qui est bon pour nous, qui nous encouragent à nous dépasser gagnent quelques millimètres à chaque auto-interaction.
Elles luttent contre les parties flemmardes, les parties terrifiées, les parties rigides.
Les croyances limitantes reculent, la liberté gagne du terrain. Pas à pas. Mais quand on additionne les pas, on fait des kilomètres.
Et parfois, on n’avance pas, parfois on recule, mais je crois que l’important c’est de prendre chaque décision (plusieurs centaines par jour) en conscience pour être en paix avec soi-même.
Alors, n’hésitez pas, soyez chelou et parlez-vous :)
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Tu es géniale ma Joy ❤️
Merci à la Joy volontaire de nous régaler avec sa plume régulière même pendant l’été et même le jour de mon bday ! Thank u dear 😘