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Théorie N°22:
Il ne faut jamais regarder le haut de la montagne
(petit cours de Tarot inside)
(Le voyageur contemplant une mer de nuages, Caspard David Friedrich)
J’ai beaucoup de clientes ambitieuses. Des femmes qui ont envie d’aller plus loin, plus fort, plus grand.
Pourtant certaines n’avancent pas d’un pouce.
Parce que leurs objectifs leur donnent le tournis.
Elles regardent le haut de la montagne qui symbolise le succès qu’elles attendent in fine, et paniquent devant le chemin à parcourir.
Trop loin. Trop haut. Trop d’inconnus. Vertigineux en fait.
La panique s’installe et, avec elle, la force d’inertie.
Le succès final est un sommet enneigé un soir de brouillard. On peut éventuellement le voir si on prend du recul, celui d’un avion qui passe au dessus des Alpes par exemple. Mais de là où on situe, tout en bas du chemin de randonnée, on ne peut que l’imaginer et commencer à marcher.
L’an dernier, j’ai accompagné ma fille au concert de Dua Lipa (oui, j’ai le sens du sacrifice) et elle a raconté les dix ans passés à chanter devant quatre pelés et trois tondus dans des bars. Ce soir-là, on était à la Défense Arena et je devais zoomer X20 pour la voir à peu près des meilleures places de la salle.
On commence tous quelque part, et même si les rois de la manifestation nous encouragent à nous visualiser sur la scène de la Défense Arena pour make it happen, je pense qu’il est aussi très sain de décomposer les objectifs en mini étapes pour avancer plus sereinement (et avancer tout court en vérité). D’ailleurs, l’un n’empêche pas l’autre.
C’est une erreur (fréquente) de penser qu’il faut avoir tous les éléments en main (le contrôle les amis) et un plan quinquennal pour commencer quelque chose.
Le Chariot, arcane que j’aime tant, dans le Tarot, incarne ce paradigme.
Sur cette carte, on voit un homme de face, à la tête d’un chariot mené par deux chevaux, un blanc qui regarde à gauche, un noir qui regarde à droite (parfois ce sont des Sphinx!). Les chevaux sont les symboles des parties de nous qui ne sont pas d’accord, celle qui a envie d’y aller, celle qui doute. Mais, ces deux parties sont dominées par l’homme qui décide en conscience de faire avancer son chariot, malgré les incertitudes. Autrement dit, le Chariot indique qu’il n’y a pas besoin de TOUT maitriser pour avancer. Peut-être que toutes les parties de nous ne seront jamais d’accord d’ailleurs. Il faut donc abandonner l’illusion du contrôle et y aller. Point.
Décomposer l’effort en morceaux, permet de s’élancer, non pas sans peur, mais avec moins de peur.
J’ai peur en avion. Quand je monte, je regarde la durée de vol et je la découpe en petits bouts dans ma tête. A chaque segment parcouru (1/24ème pour la première demi heure d’un vol de douze heures par exemple), j’ai célèbre une petite victoire intérieure. Certes, je n’allais pas pouvoir m’échapper, mais le fait d’avoir tenu une demi-heure sans paniquer, trembler ou pleurer est déjà un point d’étape sur cette longue route.
Avoir de petits objectifs permet d’apaiser un système nerveux en alerte rouge. Si on n’est pas encore capable d’ambiancer la foule de l’Accor Arena, prévoir quelques posts pour notre commu de 123 personnes sur Instagram reste accessible. Les petites victoires, les amis. A célébrer comme il se doit, pour renforcer notre confiance en soi. La confiance qui aide à passer à l’étape suivante.
Ne jamais oublier pourquoi on est là
(Femme à l’aube, Caspard David Friedrich)
La première étape d’un projet, c’est le désir.
Ma carte préférée du Tarot, le 8 de coupes, illustre ça à merveille.
On y voit une personne s’élancer sur un chemin sinueux de nuit, avec en ligne de mire une montagne. La personne porte une cape, signe qu’elle préfère, pour l’instant, ne pas être vue, que son projet appartient à l’intime. Elle tient un bâton de pionnier, qui montre qu’elle s’aventure sur un chemin inconnu. Eclairée la pleine lune, comme si c’était ses émotions qui illuminaient sa route, elle marche en direction de l’inconnu, portée par ses besoins (les coupes dans le Tarot). On ne sait pas ce qu’elle va rencontrer sur ce chemin, on ne sait pas ce qui se cache derrière la montagne. Mais le fait qu’elle ressente le besoin d’avancer sur cette route lui suffit à se mettre en route.
L’envie, le désir, le besoin même, comme moteur.
Pour commencer. Et pas seulement.
En astrologie, l’archétype du Capricorne est particulièrement ambitieux. Il a envie d’escalader, peut-être plus qu’aucun autre signe. Cela lui donne du sang-froid, du courage et la force d’avancer avec résilience, de surmonter les cailloux sur le chemin et les routes barrées. Le regard toujours fixé sur le sommet de la montagne, son objectif.
Et c’est aussi là son plus gros défaut. Trop occupé qu’il est à avancer avec le sommet en ligne de mire, il en oublie de se demander si cet objectif est vraiment pertinent pour lui. S’il va nourrir autre chose que son besoin d’être au top. Ses émotions par exemple.
Oublier pourquoi on est là ou avancer pour les mauvaises raisons: voilà une autre raison importante de ne pas fixer le haut de la montagne.
Le fait de décomposer son objectif final en petits objectifs permet aussi de faire le point à chaque étape. De se demander si on avance bien dans la bonne direction. Pas seulement du point de vue de l’ambition, mais aussi d’un point de vue bien-être émotionnel et réalisation de soi globale. De se réaligner en fait, au fil des expériences, pour avancer dans le bon axe. Toujours.
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Après 6 jours de rando je confirme ne jamais regarder le haut de la montagne !!! Et une fois redescendue … décomposer ses objectifs
La théorie des petits pas, alias la méthode Agile (comme on dit chez moi) … ce truc fondamental qu’on devrait apprendre à l’école ! 😘