Sagesse Populaire
épisode 10
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Théorie N°17:
Le superficiel est essentiel
(Self-Portrait at the Dressing Table, Zinaida Serebriakova)
Je viens d’une famille de grands voyageurs.
Avant ma naissance, mes parents avaient visité l’ensemble de l’Amérique latine et après une petite pause “enfants petits”, ils se sont attaqués à l’Asie.
Comme eux, j’adore voyager, découvrir d’autres cultures, m’immerger dans l’ailleurs.
Mais ce que j’aime aussi beaucoup dans les voyages, ce sont les hôtels. Et par les hôtels, je veux dire les bons hôtels où les draps sont soyeux, la déco stylée et le petit déjeuner délicieux et bien présenté.
Et ça, j’ai dû apprendre à l’assumer.
Je me souviens de mon père, authentique intello, disant à propos d’amis jugés superficiels: « ah mais eux, ils font du tourisme hôtelier » avec un mépris pas vraiment contenu.
Et à propos d’autres amis qui avaient rejoint mes parents en Thaïlande : « ce qu’ils ont préféré dans le pays, c’était les fruits coupés joliment au petit déjeuner de l’hôtel » avec la narine qui palpite de condescendance.
À l’époque je n’avais pipé mot, de peur d’être assimilée à ces rustres, mais s’il était toujours là aujourd’hui, je le lui dirais:
« Mais Papa, les fruits joliment coupés c’est important ! Les beaux hôtels ça fait du bien ».
Les apparences ça compte !
Les détails font du bien !
Le superficiel est essentiel !
Ma mère, pour des raisons non élucidées à ce jour, ne prenait absolument pas soin de son apparence (elle a changé depuis )
Je me souviens de vacances en Turquie et d’un tour en bateau. Sur le bateau, une femme un peu « bimbo », très blonde et bien gaulée, certainement un peu trop maquillée et pas suffisamment habillée au goût de ma mère qui l’avait prise en grippe.
Et moi intriguée par cette autre version du féminin, probablement pas du tout aussi cruche que son apparence le faisait croire à ma mère, puisqu’il me semble me souvenir que la “croisière” portait sur le parcours d’un écrivain local.
Chez moi, dans ma famille, dans mon foyer, il n’y avait que les livres, les grandes écoles, le savoir, l’intelligence (valeur cardinale). Tandis qu’aimer le luxe, dépenser pour du futile ou se regarder un peu trop dans le miroir, voire aller à la salle de sport pour avoir envie de se regarder un peu plus dans le miroir, était entre inexistant et méprisé.
Ce sujet, parmi d’autres, m’a parfois fait penser que je n’étais pas née dans la bonne famille (je vous aime les gars, là n’est pas la question).
Parce que moi j’adore tout ce qui est superficiel: la déco, les fringues, le maquillage, les attentions, le détail qui change tout...
Je crois même que d’avoir été journaliste beauté pendant si longtemps était une forme de conciliation. Le journalisme, sérieux et statutaire (avec un pic de consécration familiale quand j’écrivais pour le Nouvel Obs) et la beauté, superficielle à souhait.
Malgré ce choix de métier, j’ai longtemps joué à celle qui s’en fout des apparences, jamais maquillée, cheveux blancs précoces et racines alarmantes, ongles en vrac et surpoids assumé. Le cerveau sur pattes pour lequel j’avais été conditionnée.
Je nourrissais mon appétence pour le luxe, le beau, le joli, le précieux, le charmant avec mon métier qui m’a mise en contact avec les textures ondoyantes, les odeurs délicieuses. La magie du luxe quand il s’attarde sur les détails jusqu’à devenir une forme d’art. Mais j’ai eu du mal à l’intégrer.
J’étais journaliste beauté, je ne mettais pas de crème et je le revendiquais presque.
Paradoxalement, et indépendamment de mes racines familiale, dans cette société où il faut être healthy et sexy, c’est aussi très mal vu de passer du temps à prendre soin de soi. La composante “efforless” de l’équation est extrêmement valorisée, surtout en France le pays du “I woke up like this” où il faut s’afficher groomée mais pas trop maquillée, chic mais pas empesée, mince en mangeant des frites.
Beaucoup de clientes (surtout les Balances/asc Balances qui sont les queen des détails qui changent tout) admettent leur attrait pour les apparences, les jolies tables, les cheveux bien brushées avec une forme de honte. Elles rougissent quand elles parlent de l’importance de leurs virées à la salle de sport, se cachent le visage parce qu’elles aiment le shopping, se sentent nulle de passer tellement de temps sur ce que d’autres considèrent comme futile ou inutile.
Pourtant, aujourd’hui, j’en suis persuadée, le superficiel est d’une profondeur inouïe. L’embrasser c’est se connecter à sa polarité yin, féminine, et pourrait presque s’imposer comme une forme de féminisme dans un monde où le masculin l’emporte 99% du temps et que les valeurs d’efficacité, no bullshit, rapidité, pragmatisme prennent tant de place.
La beauté fait du bien. La beauté sauve même parfois.
(Portrait d’Olga Lanceray, Zinaïda Serebriakova)
Je dois cette prise de conscience à des tas de femmes, d’amies, qui m’ont montré à quel point le fond et la forme pouvaient coexister et marchaient main dans la main, jusqu’à devenir presque indissociables. Je ne les remercierais jamais assez d’avoir dépassé leurs préjugées à elles pour trainer avec mon cerveau sur pattes et pour tout ce qu’elles m’ont transmis en assumant de faire attention à leur corps, de passer beaucoup de temps chez le coiffeur ou de collectionner les sacs à main comme d’autres les volumes de la Pléaide. De m’avoir montré que moi aussi, j’avais le droit.
Merci les meufs.
Quand j’étais au régime avec ma chère My Body Plan, je sélectionnais chaque assiette dans laquelle j’installais mon paillard de poulet, j’ajoutais une petite fleur sur la table, je mettais quelques gouttes d’eau florale dans mon eau, je coupais les fruits joliment (ah les fruits!). Ce n’est pas ce qui m’a fait atteindre mon objectif, ça c’est la coach et ma volonté. C’est ce qui a enchanté la difficulté.
Pendant longtemps, quand je passais une mauvaise nuit ou que j’avais un gros rhume, je me transformais en épave. Ma douleur interne devait apparaitre à l’extérieur: cheveux en vrac, peau terne et air maussade. Aujourd’hui, je sais que de prendre quelques minutes de plus pour soigner son look quand on se sent mal et mettre un peu de blush quand on n’a pas dormi peut sauver une journée, changer le mood ou, à minima, l’équilibrer.
Le superficiel est léger et la légèreté est le sel de la vie. La vie sans sel n’a pas de goût.
C’est dire l’importance d’enchanter le quotidien par des détails qui ne servent à rien (à part à faire du bien). C’est dire l’importance de faire vibrer son féminin avec un brushing de temps en temps, de mettre un peu de rouge pour animer son visage, de choisir le parfum qui matche le mood.
Je vois parfois dans les thèmes astraux de mes clientes un manque cruel d’air (du gémeaux, de la balance ou du verseau) et la difficulté pour elle de sublimer leurs vies, de se nourrir des petites choses, de cultiver la joie facile et accessible du superficiel.
Or, quand la vie va bien, le superficiel peut-être superflu (et encore). Un travail nourrissant peut suffire, un amour serein combler, une famille équilibrée soutenir.
C’est plutôt quand la vie se corse -que c’est dur bordel!- qu’il sauve. Là où prendre cinq minutes pour kiffer malgré tout à travers les petites choses a vraiment de l’impact et permet de s’ancrer, de vivre au présent et de rendre ce présent beaucoup plus cool.
Non, ça n’efface pas tous les problèmes, mais ça apaise les émotions, comme s’il y avait une balance avec de la colère, de la tristesse et de la frustration et qu’on choisissait, en conscience, de mettre de la joie, de la beauté, de la légèreté, du bien-être dans l’autre partie. Pour équilibrer au moins en partie.
Se donner ça à soi-même, surtout quand la vie ne nous donne pas ce qu’on attend, nous rend responsables de notre bien-être, plus conscientes, plus puissantes.
Aujourd’hui, je fais faire mes ongles toutes les deux semaines, mes cheveux toutes les trois semaines (team 100% de cheveux blancs) et je surveille mon assiette (bon, du mieux que je peux). Dans mes meilleurs jours, le plus joyeux, les plus vivants, je créé des synergies synesthétiques entre la matière de mon pull, la couleur de mon maquillage et l’odeur de mon parfum.
J’ai intégré que de prendre soin de mon extérieur, nourrissait mon intérieur. Que je méritais de m’occuper de moi. Que je pouvais peaufiner et revendiquer toutes les facettes de mon diamant (on a/est toutes un diamant) pour qu’elles brillent en synergie.
Shine bright like a diamond (cette ref, on l’a toutes).
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J’ai mis du temps à le comprendre, encore plus à l’assumer.
Que ça fait plaisir de le lire :) Merci pour ce partage Joy !
Tellement! En te lisant j'ai souvent la sensation d'un effet miroir me renvoyant à certaines de mes facettes, pas toujours assumées... mais tu donnes envie de le faire en y donnant ces good ✨vibes! Merci Joy 🌈
#Teamair #stelliumBalance #MCgémeaux