Sagesse Populaire
Théories sans le complot, épisode 7
Les épisodes précédents :
épisode 1, épisode 2, épisode 3, épisode 4, épisode 5, épisode 6
Théorie N°14
Il faut prendre les gens comme ils sont (et prendre ce qu’il y a à prendre)
(Repos, Société en hauts-de-forme, Malevitch)
Aujourd’hui, on va parler de la difficulté à supporter, à choisir et à aimer pour ce qu’ils sont, les gens profondément différents de soi et de l’importance de le faire quand même.
C’est vrai, c’est magique de côtoyer des personnes avec qui on est complètement alignés, on a tout en commun, des valeurs aux goûts.
La même façon de penser. La même façon d’aimer.
Mais se frotter à des personnalités différentes, qui arrivent d’un tout autre environnement, avec leur histoire, et obéissent à d’autres systèmes de pensée, c’est aussi challenging que précieux.
Parfois même, ces gens, si différents, sont nos proches, la famille, les amis de toujours qu’on a géré jusqu’à plus soif et la partie challenging de l’affaire a pris tellement de place que son pendant précieux ne brille plus du tout à nos yeux.
Relationner avec des personnes aux antipodes, qu’ils viennent de débarquer dans nos vies ou qu’on les ait toujours connus, demande -en effet- pas mal de doigté (et d’énergie).
Il s’agit de faire suffisamment d’espace à l’autre, tout en sanctuarisant le nôtre. D’ouvrir grand ses chakras pour se frotter des vérités qui ne sont pas les nôtres. De considérer d’autres réalités pour faire évoluer la sienne.
Mais parfois le jeu en vaut la chandelle.
Ne dit-on pas que c’est lorsque l’on sort de sa zone de confort que l’on vit les choses les plus belles (ou à minima intéressantes)?
A mon sens, les personnes qui ont le plus de difficulté à gérer la différence appartiennent à deux grandes familles (et parfois bizarrement aux deux).
A ma droite, il y a tous les absolutistes, les “tout ou rien”, les “my way or no way”, accros au contrôle (cette fausse sécurité), qui n’aiment pas DU TOUT, les relations qu’ils ne maitrisent pas sur le bout des doigts (ma team! ).
A ma gauche, ceux qui, à l’inverse, sont très arrangeants, avalent des couleuvres comme d’autres du chocolat, laissent tout passer, et se tordent pour faire tout fonctionner. Bref, qui se font bien vite déborder par les besoins et les envies d’autrui, au détriment des leurs.
Allons voir un peu comment tout ce petit monde fonctionne…
Partie 1:
Couper la poire en deux et avoir la moitié (plutôt que rien du tout)
(La Cueillette des Fleurs, Malevitch)
Je suis quelqu’un d’assez entier, de plutôt fusionnel et aussi d’assez contrôlant (allez, encore un petit hommage à mon ascendant scorpion). J’attends donc beaucoup de mes relations et je suis bien vite déçue quand les choses ne tournent pas exactement comme je l’attendais.
Le fait de connaitre ses besoins émotionnels est un atout franc qui permet souvent de bien s’entourer, en amitié comme en amour. Mais rester figée dans ses paradigmes n’est jamais une bonne idée. Et cette année, où la planète des bouleversements (Uranus) à commencé à traverser ma Maison 7 (celle des relations et des amitiés), me l’a enseignée sans pitié.
L’été dernier, je déjeunais en terrasse avec mon amie Charlotte et lui confiais une peine d’amitié. J’étais extrêmement ébranlée de la tournure qu’avait pris une amitié très importante pour moi et je m’en épanchais avec la modération qui me caractérise (pas du tout modérée donc).
Bien sûr, j’attendais que Charlotte me console et pleurniche avec moi devant cette terrible déception.
Mais, Charlotte m’a regardée et m’a dit : “je ne comprends pas, maintenant que tu sais que cette amie est comme ça, si tu l’aimes, tu acceptes et tu prends ce qu’il y a à prendre, point” avant de m’expliquer qu’elle avait des amies super pour la fête mais nulles pour l’écoute, d’autres géniales pour l’écoute mais qu’elle ne voyait que deux fois par an faute de dispos, d’autres qui étaient impossibles à joindre mais qu’elle appelait quand elle avait besoin de prendre une décision importante…
Je suis restée sidérée devant cette démonstration. Littéralement. Rien à dire.
J’ai pensé intérieurement qu’elle était quand même drôlement opportuniste en me rengorgeant (intérieurement bien sûr) d’être si entière pour ma part.
J’avais tort. Elle, raison.
Plus tard dans l’année, j’ai été confronté au même sujet sous une autre forme. Une personne dont je me sentais proche (elle a requis l’anonymat donc appelons-la Virginie) ne me donnait pas l’amitié que j’attendais et comme je l’attendais.
Face à la fusionnelle (moi), il y avait un esprit libre (très libre), complètement conscient de ce qu’il pouvait donner (pas ce que je voulais).
Après des semaines de prise de tête et de tensions, j’ai décidé de renoncer. Puisque Virginie n’était pas à la hauteur de mes attentes et incapable de répondre à TOUS mes besoins, je préférais renoncer à Virginie. Point.
Je lui ai donc annoncé en grande pompe que notre relation resterait désormais au stade d’une “relation” justement, puisque nous ne pouvions pas prétendre à l’amitié telle que je l’envisageais moi. J’ai expliqué, pensant être d’une sagesse extrême, que nous n’étions pas compatibles et que c’était ok.
Elle a d’abord acquiescé, avant de me dire que, sinon, on pouvait peut-être faire un pas l’une vers l’autre et faire exister notre relation amicale à d’autres conditions.
Mettre de l’eau dans son vin? WHAT?
Spoiler: j’ai fini par dire oui et ça marche plutôt pas mal.
Parce que se confronter à des personnalités différentes, d’autres envies et besoins, d’autres systèmes de fonctionnement, d’autres façons de répondre, c’est enrichissant, inspirant et ça ouvre l’esprit.
Il ne s’agit pas de s’oublier, de se renier ou de se trahir, mais bien d’ouvrir son esprit un peu plus grand et de grandir avec. D’accepter qu’une relation, ce n’est pas toujours 100%, mais parfois 80% ou même 20% dont il serait dommage de se passer tout de même.
Jusqu’à se surprendre parfois à se sentir bien dans un tout nouveau paradigme.
Partie 2:
Poser ses limites plutôt que de foutre le feu
(Méditation, Malevitch)
Au moins une fois par semaine, je reçois une femme (Poisson, Cancer ou Balance souvent, pour parler des archétypes astro) qui m’explique qu’elle a compris qu’elle se faisait déborder (à minima) ou avoir (plus souvent) par les autres et qu’elle avait enfin sonné la fin de la recrée.
Souvent, cette femme a dû faire un gros travail sur elle pour sortir du “people pleasing”, comprendre que le véritable amour n’est pas conditionnel et qu’elle n’avait donc pas à tout donner en conséquence.
Souvent, elle est donc extrêmement fière du chemin parcouru et me l’annonce tout aussi fièrement. Les mots qui reviennent souvent sont “faire un grand ménage”, “couper les liens (toxiques)” ou “faire le vide autour de moi”.
Autrement dit, dans un excès de ras-le-bol et un accès de courage, elle a foutu le feu pour brûler tout ce qui ne lui convenait plus. Elle a bloqué sa soeur fuyante qui ne gère jamais les parents, clashé sa copine qui ne parle que d’elle, jeté ce pote qui ne va jamais bien et ne manque jamais de le faire savoir.
Bon, pourquoi pas?
Après tout, nul n’est tenu de se faire abuser ou maltraiter par autrui.
Mais si l’on reprend la théorie “Responsable, non coupable”, il arrive souvent que ces victimes “sursollicitées”, “à qui on demande tout, tout le temps”, “qui ne reçoivent le quart de la moitié de ce qu’elles donnent“ soient, au moins en partie, responsables de leur condition.
Ce sont elles qui répondent trop vite et trop bien à toutes les sollicitations (Théorie N°8), qui disent bien trop souvent oui, qui acceptent de garder les gosses, sortir le chien, appeler maman, monter les meubles, écouter la énième rupture de Justine (pas de mention inutile).
Bien sûr, elles peuvent choisir de ne fréquenter que des gens extrêmement attentifs aux besoins des autres qui leur ressemblent en tout point.
Mais cela signifie se couper d’une très grande partie du monde qui, certes, n’a pas la délicatesse de penser qu’elle abuse un peu, pourrait déranger ou prend un peu trop sa place. Mais qui a bien d’autres qualités magnifiques dont on pourrait bénéficier si on faisait évoluer la relation plutôt que de la jeter à la benne.
Et finalement, ne faire qu’une partie du job sur soi.
Niveau 0: tout accepter au détriment de ses besoins à soi, de ses émotions et de son temps
Niveau 1: rompre avec les gens qui ne sont pas capables de rester à leur juste place spontanément et se protéger ainsi
Niveau 2: apprendre à poser ses limites sans quitter la conversation (ou la relation), On passe de la protection cloisonnée du niveau 1 au respect et à la revendication de ses besoins. Yay!
Le niveau où l’on accepte qu’on ne fonctionne pas tous de la même façon, qu’il faut parfois prendre le temps d’expliquer nos besoins et nos paradigmes pour pouvoir faire vivre la relation sereinement.
Parfois, ça ne peut pas marcher, parfois en face ça va trop loin et il faut sortir.
Mais parfois, ça vaut le coup de quitter sa zone de confort (on en revient toujours là). Dire non de temps en temps, plutôt que de claquer la porte une bonne fois pour toutes. Déshabituer des gens qui pensaient qu’on était un immense open-bar et imposer des horaires d’ouverture.
Parmi les femmes évoquées plus haut, certaines ont troqué des relations qui ne leur convenait pas en l’état pour une douloureuse solitude.
Vaut-il mieux être seule que mal accompagnée?
Indéniablement.
Mais, faut-il fuir quand c’est un peu compliqué?
Je crois bien que ça dépend.
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Ha mais que j'adore te lire! Je me reconnais dans ce que tu dis... Thanks ! Vivement mercredi prochain 😇
Quel kif de te lire